Beaucoup de personnes consultent un psychologue lorsqu’elles vont mal, puis espacent les séances dès que les symptômes s’atténuent. Cette démarche est compréhensible : lorsqu’on se sent un peu mieux, l’urgence semble passée. Pourtant, en psychothérapie, la régularité des séances joue un rôle central dans le processus de changement.
Alors pourquoi est-il si important de venir en thérapie de façon régulière ?

La thérapie n’est pas un soin ponctuel, mais un processus
Contrairement à un traitement médical ponctuel, la psychothérapie s’inscrit dans le temps.
Elle ne vise pas seulement à faire disparaître un symptôme, mais à comprendre ce qui se répète, ce qui fait souffrir, et comment chacun s’est construit dans ses relations, ses émotions et son rapport à lui-même.
La régularité permet de créer une continuité psychique : chaque séance s’appuie sur la précédente et prépare la suivante. Lorsque les séances sont trop espacées, le travail thérapeutique perd en cohérence.
Régularité ne signifie pas dépendance
Certaines personnes craignent que venir régulièrement en thérapie crée une forme de dépendance au psychologue. En réalité, c’est l’inverse.
Un cadre stable et prévisible favorise un sentiment de sécurité intérieure, indispensable pour pouvoir penser, ressentir et mettre en mots ce qui fait difficulté.
La régularité offre un espace fiable, où la personne n’a pas à se demander quand elle pourra être entendue. Cette sécurité permet progressivement de développer plus d’autonomie psychique, et non moins.
Ce qui soigne, c’est aussi le lien thérapeutique
La relation thérapeutique est un outil de soin à part entière.
Elle permet d’observer, dans l’ici et maintenant, des façons d’entrer en lien, de se protéger, d’éviter ou de s’attacher.
Lorsque les séances sont régulières, ce lien peut se déployer, se transformer et devenir un support de changement. À l’inverse, des séances trop espacées empêchent souvent l’installation de cette dynamique relationnelle.
Que se passe-t-il quand les séances sont trop espacées ?
Espacer excessivement les séances peut donner l’impression de « repartir de zéro » à chaque rendez-vous.
Le temps est alors consacré à réexpliquer, à réinstaller le cadre, plutôt qu’à approfondir.
Dans certains cas, cela permet surtout aux mécanismes de défense de rester en place : la souffrance s’apaise temporairement, mais les difficultés de fond demeurent et réapparaissent.
Pour qui la régularité est particulièrement importante ?
Une thérapie régulière est particulièrement indiquée en cas de :
- anxiété persistante
- difficultés relationnelles ou affectives
- troubles de l’attachement
- traumatismes
- conduites addictives
- sentiment de vide, d’ennui ou de répétition
Dans ces situations, la régularité permet un travail en profondeur, au-delà du soulagement immédiat.
Trouver le bon rythme de séances
Il n’existe pas de fréquence universelle. Le rythme des séances se définit au cas par cas, en fonction de la problématique, du moment de vie et des capacités de chacun.
Ce cadre se pense et s’ajuste dans la relation thérapeutique, en concertation avec le psychologue.
L’objectif n’est pas de consulter « le plus souvent possible », mais suffisamment régulièrement pour que le travail puisse réellement s’inscrire dans la durée.
Bref
Venir régulièrement en thérapie, ce n’est pas un signe de faiblesse ni de dépendance. C’est se donner les moyens de comprendre, de transformer et de consolider un mieux-être durable.
La régularité offre un cadre sécurisant, propice au changement, et permet à la thérapie de devenir un véritable espace de transformation psychique.
Cet article s’inscrit dans le pilier « Choix et engagement », qui explore les décisions psychiques nécessaires pour s’inscrire dans un travail thérapeutique et permettre un changement durable.