Pourquoi suis-je attiré-e par des partenaires indisponibles ?

Je me rends compte que je suis souvent attirée par des personnes indisponibles.
Elles sont distantes, déjà engagées ailleurs, peu présentes émotionnellement. Et malgré cela, ou peut-être à cause de cela, l’attirance est immédiate, intense, difficile à lâcher.

Je m’accroche à des signes. J’attends. J’espère.

Puis la relation n’aboutit pas, ou s’éteint lentement, et la même question revient :
« Pourquoi suis-je attirée par des personnes indisponibles ? »

Être attirée par des personnes indisponibles n’est ni un hasard ni un manque de lucidité.
Cela dit quelque chose de la manière dont je me relie, de ce que je cherche dans le lien, et de ce que cette indisponibilité vient rejouer psychiquement.

Ce qui m’attire, ce n’est pas l’autre… mais la relation elle-même

Quand je suis attirée par une personne indisponible, je ne cherche pas seulement quelqu’un.
Je m’engage dans une configuration relationnelle bien précise : attente, distance, tension, espoir.

Cette configuration m’est familière. Je la connais. Je sais comment m’y adapter.

La disponibilité, au contraire, me déstabilise parfois. Elle me confronte à une proximité réelle, à une rencontre sans écran.

Je répète un lien que j’ai déjà connu

Souvent, je rejoue un lien ancien.
Un lien dans lequel l’autre n’était pas toujours là, pas complètement présent, pas totalement fiable.

J’ai appris à attendre. À décoder les signes. À mériter l’attention.

Aujourd’hui, sans m’en rendre compte, je retourne vers ce que je connais déjà.
L’indisponibilité me rassure parce qu’elle ne me surprend pas.

Je désire ce qui manque plus que ce qui est là

Quand l’autre n’est pas pleinement disponible, mon imaginaire s’active.
Je projette. J’idéalise. Je remplis les vides. Je n’aime pas seulement la personne.
J’aime ce qu’elle pourrait devenir, ce qu’elle promet sans donner, ce qu’elle me ferait ressentir si elle me choisissait.

Le désir se nourrit alors du manque, pas de la rencontre réelle.

Je me protège aussi de l’engagement

Dans certains cas, mon attirance pour l’indisponible me protège.
Elle m’évite une relation où je devrais vraiment m’engager, me montrer, me risquer.

Je peux ressentir intensément sans m’exposer complètement.
Je souffre, mais je garde une distance.

Ainsi, je maintiens un lien… sans affronter pleinement l’intimité.

Je transforme la relation en épreuve

Peu à peu, la relation devient un test.
Vais-je être choisie ?
Suis-je assez importante ?
Est-ce que je compte vraiment ?

Je ne rencontre plus l’autre tel qu’il est.
Je me bats pour une reconnaissance, pour une place, pour une réparation.

La relation sert alors à mesurer ma valeur, pas à construire un lien réciproque.

Ce que je peux travailler en thérapie

En thérapie, je ne cherche pas à me forcer à aimer des personnes “disponibles”.
Je cherche à comprendre ce que je poursuis à travers l’indisponibilité.

J’explore :

  • ce que j’ai appris du lien
  • ce que j’attends encore de l’autre
  • ce que je tente de réparer
  • ce que j’évite aussi

Quand je mets ces mouvements en mots, le désir se déplace.
Je ne me sens plus obligée de rejouer la même histoire.

En bref

Si je suis attirée par des personnes indisponibles, ce n’est ni un hasard ni une fatalité.
Je rejoue un lien que je connais, même s’il me fait souffrir.

Comprendre cette logique me permet d’ouvrir un autre espace relationnel :
un lien plus présent, plus risqué, mais aussi plus vivant.

Cet article s’inscrit dans la catégorie Difficultés relationnelles, et explore les mécanismes de répétition, d’attirance et d’évitement dans les relations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *