J’ai arrêté de consommer, mais je ressens encore une envie de consommer après l’arrêt.
La consommation n’est plus là, pourtant quelque chose persiste : une pensée, une tension, une envie qui revient par moments, parfois sans raison évidente.
Cette envie de consommer après l’arrêt inquiète souvent.
Elle fait surgir des questions :
Est-ce que j’ai vraiment arrêté ? Est-ce normal d’avoir encore envie ? Est-ce que ça veut dire que je vais rechuter ?
Avoir une envie de consommer après l’arrêt ne signifie pas que l’arrêt est un échec.
Cela dit quelque chose du processus en cours et de ce que la consommation venait soutenir auparavant.
Avoir encore envie après l’arrêt : est-ce normal ?
Oui. Avoir encore envie de consommer après l’arrêt est fréquent et normal.
Arrêter un produit ou un comportement ne signifie pas que tout ce qui y était associé disparaît immédiatement.
L’envie ne dit pas que l’arrêt est raté.
Elle dit que le besoin qui était soutenu par la consommation existe encore, au moins en partie.
Pourquoi l’envie ne disparaît pas avec l’arrêt
Quand je consommais, la consommation remplissait une fonction précise :
apaiser, calmer, couper, tenir, anesthésier, réguler.
En arrêtant, je retire le moyen, mais le besoin, lui, ne s’efface pas automatiquement.
L’envie apparaît souvent quand :
- une émotion déborde
- une tension interne monte
- un vide se fait sentir
- une fatigue psychique s’installe
L’envie n’est pas un caprice.
C’est un signal.
L’envie n’est pas une rechute
Beaucoup de personnes confondent : avoir envie et rechuter
Avoir envie de consommer ne signifie pas consommer.
L’envie peut exister sans passage à l’acte.
La confondre avec une rechute alimente la culpabilité et le découragement,
alors qu’elle fait partie du processus de maintien après l’arrêt.
Pourquoi l’envie revient à certains moments précis
L’envie ne surgit pas n’importe quand.
Elle apparaît souvent dans des contextes particuliers :
- stress
- solitude
- ennui
- fatigue
- conflits
- surcharge émotionnelle
Ces moments étaient auparavant gérés par la consommation.
Sans elle, l’envie revient comme une proposition automatique.
Avoir envie ne signifie pas manquer de volonté
Beaucoup de personnes se disent :
« Si j’avais vraiment de la volonté, je n’aurais plus envie. »
Mais l’envie n’est pas une question de volonté.
C’est une réponse conditionnée, construite dans le temps.
Plus une consommation a été utilisée pour faire face,
plus le cerveau la proposera longtemps comme solution possible.
Ce qui aide quand l’envie revient
Ce qui aide, ce n’est pas de lutter contre l’envie à tout prix.
La lutte permanente fatigue et fragilise.
Ce qui aide davantage, c’est de :
- reconnaître l’envie sans s’y soumettre
- comprendre ce qui l’a déclenchée
- identifier ce qui manque à ce moment-là
Progressivement, l’envie perd de son intensité quand d’autres réponses deviennent possibles.
Ce que permet le travail thérapeutique après l’arrêt
En thérapie, le travail ne s’arrête pas au sevrage.
Il se poursuit autour de ce qui reste après.
Il s’agit de comprendre :
- ce que la consommation venait soutenir
- ce que l’envie tente encore de résoudre
- comment traverser ces moments sans s’effondrer
Le but n’est pas de supprimer toute envie mais de ne plus en être prisonnier·e.
En bref
Si j’ai arrêté de consommer mais que j’ai encore envie de consommer,
cela ne signifie pas que l’arrêt est un échec.
Cela signifie que le processus continue.
Que quelque chose cherche encore une issue.
Comprendre cette envie permet de la traverser autrement et de consolider l’arrêt sans culpabilité ni rigidité.
Cet article s’inscrit dans la catégorie Addictions – solutions qui soulagent mais qui enferment, et aborde la question de l’envie persistante après l’arrêt.