J’ai envie de consommer malgré l’arrêt

J’ai arrêté de consommer, mais je ressens encore une envie de consommer après l’arrêt.
La consommation n’est plus là, pourtant quelque chose persiste : une pensée, une tension, une envie qui revient par moments, parfois sans raison évidente.

Cette envie de consommer après l’arrêt inquiète souvent.
Elle fait surgir des questions :
Est-ce que j’ai vraiment arrêté ? Est-ce normal d’avoir encore envie ? Est-ce que ça veut dire que je vais rechuter ?

Avoir une envie de consommer après l’arrêt ne signifie pas que l’arrêt est un échec.
Cela dit quelque chose du processus en cours et de ce que la consommation venait soutenir auparavant.

Avoir encore envie après l’arrêt : est-ce normal ?

Oui. Avoir encore envie de consommer après l’arrêt est fréquent et normal.

Arrêter un produit ou un comportement ne signifie pas que tout ce qui y était associé disparaît immédiatement.
L’envie ne dit pas que l’arrêt est raté.
Elle dit que le besoin qui était soutenu par la consommation existe encore, au moins en partie.

Pourquoi l’envie ne disparaît pas avec l’arrêt

Quand je consommais, la consommation remplissait une fonction précise :
apaiser, calmer, couper, tenir, anesthésier, réguler.

En arrêtant, je retire le moyen, mais le besoin, lui, ne s’efface pas automatiquement.

L’envie apparaît souvent quand :

  • une émotion déborde
  • une tension interne monte
  • un vide se fait sentir
  • une fatigue psychique s’installe

L’envie n’est pas un caprice.
C’est un signal.

L’envie n’est pas une rechute

Beaucoup de personnes confondent : avoir envie et rechuter

Avoir envie de consommer ne signifie pas consommer.
L’envie peut exister sans passage à l’acte.

La confondre avec une rechute alimente la culpabilité et le découragement,
alors qu’elle fait partie du processus de maintien après l’arrêt.

Pourquoi l’envie revient à certains moments précis

L’envie ne surgit pas n’importe quand.
Elle apparaît souvent dans des contextes particuliers :

  • stress
  • solitude
  • ennui
  • fatigue
  • conflits
  • surcharge émotionnelle

Ces moments étaient auparavant gérés par la consommation.
Sans elle, l’envie revient comme une proposition automatique.

Avoir envie ne signifie pas manquer de volonté

Beaucoup de personnes se disent :
« Si j’avais vraiment de la volonté, je n’aurais plus envie. »

Mais l’envie n’est pas une question de volonté.
C’est une réponse conditionnée, construite dans le temps.

Plus une consommation a été utilisée pour faire face,
plus le cerveau la proposera longtemps comme solution possible.

Ce qui aide quand l’envie revient

Ce qui aide, ce n’est pas de lutter contre l’envie à tout prix.
La lutte permanente fatigue et fragilise.

Ce qui aide davantage, c’est de :

  • reconnaître l’envie sans s’y soumettre
  • comprendre ce qui l’a déclenchée
  • identifier ce qui manque à ce moment-là

Progressivement, l’envie perd de son intensité quand d’autres réponses deviennent possibles.

Ce que permet le travail thérapeutique après l’arrêt

En thérapie, le travail ne s’arrête pas au sevrage.
Il se poursuit autour de ce qui reste après.

Il s’agit de comprendre :

  • ce que la consommation venait soutenir
  • ce que l’envie tente encore de résoudre
  • comment traverser ces moments sans s’effondrer

Le but n’est pas de supprimer toute envie mais de ne plus en être prisonnier·e.

En bref

Si j’ai arrêté de consommer mais que j’ai encore envie de consommer,
cela ne signifie pas que l’arrêt est un échec.

Cela signifie que le processus continue.
Que quelque chose cherche encore une issue.

Comprendre cette envie permet de la traverser autrement et de consolider l’arrêt sans culpabilité ni rigidité.

Cet article s’inscrit dans la catégorie Addictions – solutions qui soulagent mais qui enferment, et aborde la question de l’envie persistante après l’arrêt.

Comment gérer le sevrage addictif ?

Quand on parle de sevrage addictif, on pense souvent au moment de l’arrêt.
Arrêter de consommer, prendre une décision, tenir quelques jours ou quelques semaines.

Mais très vite, beaucoup de personnes font la même expérience :
le plus difficile ne commence pas au moment de l’arrêt, mais après.

Gérer le sevrage addictif ne consiste pas seulement à supprimer une consommation.
Cela implique d’apprendre à tenir dans le temps, sans ce qui permettait jusque-là de faire face.

Le sevrage addictif ne se résume pas à l’arrêt

Arrêter de consommer est souvent possible.
La décision peut être soutenue par une peur, un déclic, une contrainte, un entourage ou un cadre médical.

Au début, l’élan est là.
La motivation aussi.
Parfois même un soulagement.

Mais le sevrage addictif ne se joue pas uniquement sur ce moment-là.
Il se joue dans ce qui revient une fois la consommation absente.

Pourquoi le plus dur du sevrage addictif, c’est de tenir

Quand j’arrête de consommer, je ne retire pas seulement un produit ou un comportement.
Je retire une solution psychique.

Ce que la consommation permettait de contenir réapparaît alors :
l’angoisse,
le vide,
la fatigue émotionnelle,
la solitude,
les pensées envahissantes.

Gérer le sevrage addictif, c’est apprendre à faire face sans l’appui habituel.
Et c’est là que beaucoup de personnes se sentent démunies.

Pourquoi l’envie revient après l’arrêt

Beaucoup pensent que l’envie devrait disparaître une fois l’arrêt acté.
Son retour est souvent vécu comme un échec.

Pourtant, le retour de l’envie est fréquent et compréhensible.
Il indique que le besoin que la consommation venait apaiser n’a pas disparu avec l’arrêt.

L’arrêt supprime le comportement.
Il ne règle pas automatiquement ce qui se jouait en dessous.

Gérer le sevrage addictif ne repose pas sur la volonté

On parle souvent de contrôle, de discipline, de force mentale.
Mais tenir dans le sevrage addictif ne dépend pas uniquement de la volonté.

Tenir demande surtout :

  • des ressources internes suffisantes
  • des appuis relationnels
  • des façons alternatives de réguler les émotions

Quand ces ressources manquent, la consommation reste présente comme une option possible.
Tenir devient alors épuisant, voire intenable.

Pourquoi les rechutes surviennent pendant le sevrage

Les rechutes ne surviennent pas par hasard.
Elles apparaissent souvent quand :
la fatigue s’accumule,
un événement de vie survient,
l’isolement augmente,
le quotidien devient trop lourd.

Ce n’est pas l’envie en elle-même qui fait rechuter.
C’est l’absence d’autres moyens pour faire face à ce moment précis.

Tenir dans le sevrage addictif n’est pas lutter en permanence

Gérer le sevrage addictif ne signifie pas résister chaque jour à une envie.
Cette lutte constante use, décourage et fragilise.

Tenir dans le temps implique plutôt de remplacer une solution unique par plusieurs appuis possibles.
C’est ce déplacement qui rend le sevrage plus stable.

Sans cela, l’arrêt reste fragile, même avec une forte motivation.

Ce que permet le travail thérapeutique pendant le sevrage

En thérapie, le travail commence souvent après l’arrêt.
Il s’agit de comprendre :

  • ce que la consommation permettait de supporter
  • ce qui devient difficile sans elle
  • les moments où le risque augmente

Gérer le sevrage addictif passe alors par la construction d’autres façons de tenir :
mettre des mots, réguler les émotions, retrouver des appuis, redonner de la souplesse là où tout s’est rigidifié.

Conclusion

Gérer le sevrage addictif ne consiste pas seulement à arrêter de consommer.
Le véritable enjeu est de tenir dans la durée, sans ce qui faisait tenir avant.

Comprendre cette réalité permet de sortir d’une logique de culpabilité et d’envisager un accompagnement qui soutient réellement le maintien, pas seulement l’arrêt.

Cet article s’inscrit dans la catégorie Addictions – solutions qui soulagent mais qui enferment, et explore les enjeux psychiques du sevrage addictif et du maintien dans le temps.

Besoin de consommer : suis-je addict ?

Je consomme pour me détendre, pour dormir, pour tenir, pour aller mieux. Et puis, je continue à travailler, à voir du monde, à “fonctionner”. Et pourtant, un doute s’installe.

Est-ce que je consomme trop ?
Est-ce que je suis en train de devenir addict ?
Ou est-ce simplement une période difficile ?

Quand le besoin de consommer revient souvent, ces questions deviennent envahissantes. Elles ne concernent pas seulement la quantité, mais une inquiétude plus profonde : quelle place la consommation prend-elle dans ma vie psychique ?

Besoin de consommer : une question de fonction, pas de morale

Cliniquement, la consommation ne pose pas problème en soi.
Ce qui importe, ce n’est pas tant ce que je consomme, mais à quoi cela me sert.

Je consomme souvent pour :
apaiser une angoisse,
faire taire des pensées envahissantes,
remplir un vide,
tenir émotionnellement,
supporter une tension interne.

Le besoin de consommer apparaît donc comme une tentative de régulation émotionnelle, parfois efficace, surtout au début.

Besoin de consommer ou addiction : comment faire la différence ?

Pour répondre à cette question, on peut s’appuyer sur un repère clinique largement utilisé en addictologie :
le modèle des 5C, décrit notamment par Laurent Karila.

Ce modèle permet de comprendre quand une consommation commence à devenir addictive, indépendamment du produit.

Le premier C : le Craving

Le craving correspond à une envie irrépressible de consommer.
Je n’ai pas seulement envie : j’y pense, j’anticipe, je me projette dans le moment où je vais consommer.

Le produit ou le comportement occupe une place centrale dans mon esprit.
Même quand je ne consomme pas, ça travaille à l’intérieur.

Le deuxième C : la Perte de Contrôle

Je me dis que je vais réduire, espacer, ou arrêter.
Mais, au moment venu, je consomme plus que prévu, plus longtemps, ou différemment que ce que j’avais décidé.

La perte de contrôle ne signifie pas que je ne contrôle jamais.
Elle signifie que le contrôle devient instable, fragile, imprévisible.

Le troisième C : la Compulsion

Je consomme même quand je n’en ai plus vraiment envie.
Même quand le plaisir diminue.
Même quand je sais que ça me fait du tort.

La consommation devient alors automatique, presque réflexe.
Je consomme pour ne pas ressentir, pour ne pas penser, pour ne pas m’effondrer.

Le quatrième C : les Conséquences négatives

Je commence à observer des conséquences :
sur mon corps,
sur mon humeur,
sur mes relations,
sur mon travail,
sur l’image que j’ai de moi.

Et pourtant, malgré ces conséquences, je continue à consommer.
Non pas par indifférence, mais parce que la consommation reste, pour l’instant, la solution la plus accessible.

Le cinquième C : la Poursuite de la consommation malgré le dommage

C’est souvent ici que la question « suis-je addict ? » devient plus insistante.
Je vois que ça me fait du mal, mais je n’arrive pas à faire autrement.

La consommation ne relève plus du choix ou du plaisir.
Elle devient une nécessité psychique.

Besoin de consommer : pourquoi ce n’est pas une question de volonté

Le modèle des 5C montre que l’addiction n’est pas un manque de volonté.
C’est une réduction progressive des alternatives psychiques.

Quand consommer devient la principale façon de :
m’apaiser,
tenir,
réguler mes émotions,

arrêter brutalement revient à me retrouver face à ce que la consommation contenait jusque-là.

Quand demander de l’aide face au besoin de consommer

Je peux envisager d’en parler lorsque :
je reconnais plusieurs des 5C,
je me sens inquiet·ète à propos de ma consommation,
j’ai déjà essayé de réduire sans y parvenir,
je n’imagine plus aller bien sans consommer.

Demander de l’aide ne signifie pas être “au bout”.
Cela signifie ne plus rester seul·e avec le doute.

Ce que permet le travail thérapeutique

En thérapie, il ne s’agit pas seulement d’arrêter de consommer.
Il s’agit de comprendre ce que la consommation est venue soutenir.

Le travail consiste à :
identifier les fonctions de la consommation,
élargir les modes de régulation émotionnelle,
redonner de la souplesse psychique là où tout s’est rigidifié.

Progressivement, la consommation perd sa place centrale.
Elle cesse d’être indispensable.

Conclusion

Se demander « ai-je un besoin de consommer addictif ? » est déjà un acte clinique important.
Cela indique qu’un questionnement est en cours, qu’une part de soi observe ce qui se joue.

Le besoin de consommer n’est pas une faute.
C’est souvent une solution devenue trop unique.

Comprendre les mécanismes, notamment à travers le modèle des 5C, permet d’envisager un changement respectueux du rythme et de l’histoire de chacun.

Cet article s’inscrit dans la catégorie Addictions – solutions qui soulagent mais qui enferment, et propose une lecture clinique du besoin de consommer et de la question addictive.

Pourquoi j’ai besoin de consommer pour me sentir mieux ?

Quand je vais mal, je ressens souvent un besoin de consommer.
Boire un verre, fumer, manger, scroller, travailler, faire du sport, regarder une série, acheter quelque chose. Peu importe la forme : consommer m’aide à tenir.

Sur le moment, ça soulage. Ça calme. Ça coupe. Mais une question finit par apparaître :
pourquoi est-ce que j’ai besoin de consommer pour aller mieux ?

Besoin de consommer : est-ce déjà une addiction ?

Avoir un besoin de consommer ne signifie pas automatiquement être addict.
Très souvent, cela indique autre chose : je cherche à m’apaiser.

Quand l’angoisse monte, quand le vide s’installe ou quand la tension devient trop forte, consommer devient une réponse rapide et accessible. Je n’ai pas forcément d’autre moyen, à ce moment-là, pour faire redescendre ce qui déborde.

Le besoin de consommer parle d’abord d’un besoin d’apaisement, pas d’un manque de volonté.

Pourquoi consommer m’aide à aller mieux sur le moment

Quand je consomme, quelque chose change immédiatement.
Mon corps se détend, mes pensées ralentissent, l’inconfort diminue.

Consommer me permet de :

  • calmer l’angoisse
  • faire taire les ruminations
  • remplir un vide
  • couper avec ce que je ressens
  • retrouver une sensation de contrôle

Ce soulagement n’est pas imaginaire.
Il fonctionne réellement, surtout au début.

Pourquoi le besoin de consommer revient sans cesse

Progressivement, je fais le lien : quand ça ne va pas → je consomme.

Sans m’en rendre compte, j’automatise cette réponse.
Je n’attends plus d’être au bout : j’anticipe.
Je pense à la consommation avant même que le malaise soit là.

Le besoin de consommer devient alors un réflexe psychique.
Il ne répond plus seulement à un mal-être ponctuel, mais à la peur de ce mal-être.

Quand consommer pour aller mieux commence à enfermer

Le problème n’apparaît pas brutalement.
Il s’installe quand je remarque que :

  • je n’arrive plus à m’apaiser autrement
  • le soulagement dure moins longtemps
  • j’augmente la fréquence ou l’intensité
  • j’y pense de plus en plus souvent

Ce qui m’aidait à aller mieux devient aussi ce qui réduit mes autres possibilités.
Je consomme pour éviter de ressentir mais je me retrouve dépendante de cette solution.

Pourquoi arrêter de consommer n’est pas si simple

On entend souvent : « il suffit d’arrêter ».
Mais arrêter signifie perdre une stratégie qui m’a permis de tenir.

Si je supprime la consommation sans alternative, je me retrouve face à :

  • l’angoisse brute
  • le vide
  • la solitude
  • la fatigue psychique

Arrêter de consommer, ce n’est pas seulement renoncer à un produit ou à une habitude.
C’est renoncer à un mode de régulation qui fonctionnait.

Besoin de consommer et culpabilité

Beaucoup de personnes se jugent durement :
je devrais y arriver seule, je suis faible, je manque de contrôle.

Pourtant, le besoin de consommer ne dit pas que je suis incapable.
Il dit que je n’ai pas encore trouvé d’autre manière de faire face.

La consommation n’est pas le problème de départ.
Elle est une solution trouvée à un moment donné.

Ce que permet le travail thérapeutique autour du besoin de consommer

En thérapie, je ne cherche pas d’abord à supprimer la consommation.
Je cherche à comprendre ce qu’elle apaise.

Je travaille :

  • ce qui me met en difficulté
  • ce que la consommation vient calmer
  • ce que j’évite de ressentir
  • ce que je n’arrive pas encore à réguler autrement

Peu à peu, d’autres appuis deviennent possibles.
Le besoin de consommer perd alors son caractère indispensable.

En bref : le besoin de consommer n’est pas une faiblesse

Si j’ai besoin de consommer pour aller mieux, ce n’est ni un échec ni une faute.
C’est le signe que j’ai trouvé, à un moment donné, une manière de survivre psychiquement.

Comprendre cette logique permet de transformer une solution qui enferme
en d’autres façons de s’apaiser, plus libres et plus durables.

Cet article s’inscrit dans la catégorie Addictions – solutions qui soulagent mais qui enferment, et explore le besoin de consommer comme tentative d’apaisement face au mal-être.

Se sentir seul en relation : d’où cela vient ?

Je me rends compte que se sentir seul en relation est une expérience plus fréquente qu’on ne l’imagine.
Je suis avec quelqu’un, je partage un quotidien, des échanges, parfois même une intimité et pourtant un sentiment persiste : celui d’être seul intérieurement.

Se sentir seul en relation ne signifie pas manquer de contacts ou de présence autour de soi.
Cela renvoie plutôt à une absence de lien vécu, à l’impression de ne pas être réellement rejoint·e par l’autre dans ce que je ressens et dans ce que je suis.

Alors une question s’impose naturellement :
pourquoi est-ce que je me sens seul même quand je suis en relation ?

Se sentir seul en relation : de quoi parle-t-on vraiment ?

Quand je me sens seule en relation, je ne parle pas d’isolement social.
Je parle d’un sentiment de déconnexion, d’une impression de ne pas être vraiment rejoint·e par l’autre.

Je peux être avec quelqu’un, échanger, partager des moments, sans me sentir véritablement en lien.
La relation existe mais je ne me sens pas rencontrée.

Cette solitude relationnelle touche souvent quelque chose de profond : le sentiment d’exister pour l’autre.

Pourquoi je me sens seule même avec quelqu’un à mes côtés

Je peux me sentir seule en relation lorsque je n’ose pas être pleinement moi-même.
Quand j’adapte trop mes paroles, mes émotions ou mes besoins, je maintiens un lien mais je m’éloigne de moi.

L’autre est là, mais il ne me rencontre pas vraiment, puisqu’il ne rencontre qu’une version ajustée, filtrée, parfois édulcorée.

À force, je ressens un vide.
Pas parce que l’autre est absent mais parce que je ne suis pas entièrement présente dans la relation.

Se sentir seule en couple quand je ne me sens pas reconnue

La solitude relationnelle apparaît aussi lorsque je ne me sens pas reconnue dans ce que je suis.
Je peux être écoutée sans être comprise.
Vue sans être réellement regardée.

Dans ces moments-là, la relation perd sa fonction contenante.
Je partage mais je ne me sens pas accueillie dans mon vécu subjectif.

Je me retrouve alors seule avec mes émotions, même en étant à deux.

Pourquoi la solitude en relation fait si mal

La solitude en relation blesse souvent plus que la solitude “classique”.
Être seule sans relation peut faire souffrir.
Être seule dans la relation crée un sentiment de décalage, parfois de non-sens.

Je me demande :

  • Pourquoi je me sens seule alors que je ne le suis pas ?
  • Qu’est-ce qui ne fonctionne pas chez moi ?
  • Pourquoi le lien ne me nourrit pas ?

Cette solitude met souvent en jeu l’estime de soi et le sentiment de valeur personnelle.

Se sentir seule en relation et peur du lien authentique

Parfois, je maintiens une relation sans oser aller vers un lien plus authentique.
Je reste en surface, par peur de déranger, de perdre l’autre ou de créer un conflit.

Je préserve la relation mais j’en paie le prix :
je renonce à une part de profondeur.

La solitude apparaît alors comme le symptôme d’un lien présent mais peu vivant.

Pourquoi je peux répéter ce sentiment de solitude relationnelle

Je peux retrouver cette solitude dans plusieurs relations successives.
Le partenaire change, mais le ressenti demeure.

Dans ce cas, la question ne porte pas uniquement sur l’autre mais sur ma manière d’entrer en relation.
Sur ce que j’autorise, sur ce que je montre, sur la place que je m’accorde.

La solitude relationnelle devient alors un signal : quelque chose cherche à se dire dans ma façon de me lier.

Ce que permet le travail thérapeutique quand je me sens seul en relation

En thérapie, je ne cherche pas simplement à “mieux communiquer”.
J’explore ce que je vis dans le lien : ce que je tais, ce que je crains, ce que j’attends.

Je travaille la possibilité d’exister pleinement dans la relation, sans m’effacer ni me protéger excessivement.
Progressivement, je transforme la relation à l’autre mais aussi la relation à moi-même.

Quand je m’autorise davantage de présence, le lien devient plus vivant et la solitude perd de sa place.

En bref : se sentir seul en relation n’est pas un échec

Me sentir seul même quand je suis en relation ne signifie pas que la relation est vide ou ratée.
Cela indique souvent un manque de rencontre subjective, un décalage entre être avec l’autre et être soi dans le lien.

Comprendre ce sentiment ouvre la possibilité d’un lien plus incarné, plus authentique, plus nourrissant.

Cet article s’inscrit dans la catégorie Difficultés relationnelles et explore le vécu de solitude, de déconnexion et de manque de lien au sein de la relation.

Comprendre les paraphilies : enjeux et accompagnement

Introduction

Les « paraphilies » sont encore aujourd’hui souvent mal comprises et parfois stigmatisées. Cet article vous propose d’en explorer la définition, les distinctions cliniques, les différents types ainsi que les enjeux éthiques et thérapeutiques. L’objectif : apporter des repères sérieux et nuancés pour mieux répondre à des questionnements tant professionnels que grand public.

Qu’est-ce qu’une paraphilie ?

Le terme Paraphilie vient du grec para- (« à côté ») et -philia (« amour, inclination ») : littéralement « à côté de l’amour ».
En sexologie, on parle ainsi d’attirances, fantasmes ou pratiques sexuelles qui s’écartent des actes traditionnellement considérés comme « normaux » dans une société donnée.
La distinction essentielle est la suivante : toute paraphilie n’est pas nécessairement un trouble. Ce qui fait la différence, c’est la présence de détresse pour le sujet ou d’un passage à l’acte qui nuit à autrui ou à lui-même.

Paraphilies vs trouble paraphilique

Il est important de distinguer deux notions :

  • Paraphilie : une attirance, fantasme ou préférence sexuelle atypique.
  • Trouble paraphilique : lorsque cette attirance engendre une souffrance personnelle, une altération du fonctionnement ou des comportements non consentants ou illégaux.
    Ainsi, le manuel DSM‑5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) indique que la paraphilie ne suffit pas au diagnostic, il faut les critères de : souffrance ou atteinte à autrui.

Les principaux types de paraphilies

Voici quelques exemples fréquemment cités :

  • Fétichisme (attirance sexuelle pour des objets inanimés ou des parties spécifiques du corps) ;
  • Voyeurisme (plaisir à observer une personne nue ou en activité sexuelle sans qu’elle en soit consciente ou consentante) ;
  • Exhibitionnisme (montrer ses organes génitaux à une personne non consentante ou choquer) ;
  • Sadisme sexuel / Masochisme sexuel (plaisir lié à la souffrance ou l’humiliation de soi-même ou du partenaire) ;
  • Pédophilie (attirance sexuelle pour des enfants prépubères) ;
    Cette liste n’est pas exhaustive : on recense des centaines de paraphilies dans la littérature spécialisée.

Enjeux et facteurs de risque

Facteurs de vulnérabilité

Les origines des paraphilies sont multifactorielles : biologiques, psychologiques, environnementales. On retrouve par exemple des facteurs d’histoire personnelle, de vécu sexuel, de structure psychique et de conditions de développement.

Conséquences possibles

  • Détresse psychique : culpabilité, honte, anxiété.
  • Fonctionnement relationnel altéré.
  • Risque légal et pénal : dans les cas impliquant des personnes non consentantes ou mineures.

Éthique et consentement

Un des critères majeurs est le consentement. Si l’objet de l’attirance implique une personne non consentante ou mineure, on entre dans le champ du trouble, voire de l’infraction.

Approche clinique et thérapeutique

Diagnostic

Le diagnostic repose sur un bilan sexologique, psychiatrique ou psychothérapeutique : recueil des fantasmes, pulsions, comportements, retentissement. La persistance de 6 mois ou plus est souvent mentionnée.

Traitement

La prise en charge combine souvent :

  • une psychothérapie (thérapie comportementale et cognitive, thérapie de groupe)
  • un accompagnement sexologique
  • un traitement médicamenteux dans certains cas (notamment si passage à l’acte ou risque important)
  • un suivi médico-légal ou judiciaire s’il y a infraction.

Importance de la prévention et de l’accompagnement

Promouvoir une sexualité respectueuse, garantir le consentement mutuel, dépister précocement les souffrances associées et orienter vers des professionnels est crucial.

Implications pour les professionnels de la santé mentale

En tant que psychologue ou thérapeute :

  • Avoir une posture non-jugementale tout en maintenant le cadre éthique.
  • Savoir repérer la différence entre fantasme/variation sexuelle et trouble.
  • Collaborer avec des sexologues, psychiatres ou services spécialisés si besoin.
  • Intégrer les dimensions légales et victimologiques quand les comportements impliquent autrui.

Conclusion

Les paraphilies sont un champ complexe, à la fois psychique, sexuel et social. Comprendre la distinction entre préférence atypique et trouble permet de mieux cibler l’accompagnement. Le respect du consentement, la prise en compte de la souffrance et l’intervention spécialisée sont les clés d’une approche clinique éthique et rigoureuse.

L’alimentation et la psychologie : une relation intime

Tu es ce que tu manges

Cette phrase attribuée à Hippocrate, père de la médecine, n’a jamais été aussi actuelle. De nombreuses études montrent aujourd’hui que ce que nous mangeons influence directement notre santé mentale, notre humeur, notre niveau d’énergie et même nos capacités cognitives. Loin d’être un simple carburant pour le corps, l’alimentation joue un rôle essentiel dans le fonctionnement du cerveau et dans la régulation émotionnelle.

Le rôle du microbiote intestinal dans la santé mentale

Saviez-vous que notre intestin est surnommé “le deuxième cerveau” ?
Le microbiote intestinal, cet ensemble de milliards de bactéries qui vivent dans nos intestins, communique en permanence avec notre cerveau grâce à ce qu’on appelle l’axe intestin-cerveau.

Une alimentation déséquilibrée, riche en sucres raffinés et en graisses saturées, peut perturber cet équilibre fragile.
Conséquences : troubles digestifs, fatigue mais aussi anxiété, irritabilité et baisse de moral.
À l’inverse, une alimentation variée, riche en fibres, en fruits, légumes et probiotiques favorise la production de neurotransmetteurs essentiels comme la sérotonine, souvent surnommée “l’hormone du bonheur”.

Nutriments clés pour un bien-être psychologique durable

Certaines vitamines et minéraux sont indispensables à un bon équilibre psychique :

  • Oméga-3 : présents dans les poissons gras (saumon, sardine, maquereau), ils participent à la régulation de l’humeur et à la prévention de la dépression.
  • Vitamine B9 et B12 : essentielles à la production de dopamine et de sérotonine.
  • Magnésium : régule le stress et favorise un sommeil réparateur.
  • Antioxydants (fruits rouges, cacao, curcuma, thé vert) : protègent le cerveau du stress oxydatif et du vieillissement cellulaire.

Adopter une alimentation riche en nutriments, c’est donc prendre soin de sa santé mentale autant que de son corps.

L’alimentation émotionnelle : quand les émotions dictent nos choix

Manger n’est pas un acte uniquement biologique, c’est aussi un acte émotionnel.
Face au stress, à la fatigue ou à la solitude, nous avons parfois tendance à manger pour apaiser nos émotions, plutôt que pour répondre à une réelle faim physique.
Ce comportement, appelé alimentation émotionnelle, peut créer un cercle vicieux où la culpabilité renforce la tension interne.

Apprendre à écouter ses sensations corporelles, à reconnaître ses émotions et à cultiver une relation bienveillante à la nourriture, permet de retrouver un rapport plus apaisé à l’alimentation.

5 Conseils alimentation et bien-être psychologique

  1. Privilégier le “fait maison” : éviter les aliments ultra-transformés et riches en additifs.
  2. Manger en pleine conscience : savourer chaque bouchée, sans écrans ni distraction.
  3. Intégrer plus de végétaux : fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes.
  4. Hydrater son corps : un manque d’eau peut accentuer la fatigue et les troubles de concentration.
  5. Écouter son corps : faim, satiété, plaisir = trois repères essentiels pour un rapport sain à la nourriture.

En conclusion : nourrir le corps, apaiser l’esprit

L’alimentation n’est pas seulement une question de calories ou de silhouette.
Elle représente un pilier fondamental de notre équilibre psychologique et émotionnel.
Comme le rappelait Hippocrate :

“Que ton alimentation soit ta première médecine.”

En prenant soin de ce que nous mettons dans notre assiette, nous prenons soin de notre esprit.
Car au fond, bien manger, c’est aussi apprendre à se respecter.

Addiction au sexe et Chemsex

Pour introduire l’addiction au sexe, aussi appelée trouble du comportement sexuel compulsif, nous affirmons qu’elle se caractérise principalement par une perte de contrôle sur les comportements sexuels. Ainsi, malgré la souffrance qu’elle génère, la personne continue à rechercher des situations sexuelles. Et cela, bien souvent au détriment de sa vie personnelle ou professionnelle. En outre, qu’est ce que le chemsex dans tout cela ?

Qu’est-ce que l’addiction au sexe ?

Tout d’abord, L’OMS a reconnu ce trouble dans la CIM-11 (2018), précisant qu’il s’agit d’une conduite persistante, centrée sur le sexe, échappant à la régulation volontaire.

Ainsi, sur le plan neurobiologique, les mêmes circuits de la récompense dopaminergique que dans les addictions aux substances sont impliqués (Volkow & Koob, 2015). Psychologiquement, le comportement sexuel compulsif peut servir à fuir une angoisse, une solitude ou une souffrance identitaire.

Le chemsex : quand les drogues s’invitent dans la sexualité

Le chemsex (contraction de chemical et sex) désigne l’usage de substances psychoactives (telles que la méthamphétamine, le GHB/GBL, ou les cathinones comme la 3-MMC) dans un contexte sexuel afin d’amplifier le plaisir, la désinhibition ou l’endurance.

En effet, des pratiques, bien que minoritaires, sont en forte augmentation dans certaines communautés HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) estime qu’environ 13 à 14 % des HSH ont pratiqué le chemsex dans les 12 derniers mois (OFDT, 2024).

De plus, certaines pratiques, comme le slam (injection intraveineuse de produits), augmentent encore les risques sanitaires (IST, overdose, dépendance physique).

Pourquoi le chemsex touche-t-il davantage les populations gay et bisexuelles ?

A ce jour, les études (Bourne et al., 2015 ; Weatherburn et al., 2019) soulignent que le chemsex s’inscrit dans des dynamiques psychosociales spécifiques :

1/ Stress minoritaire : les personnes LGBT+ subissent souvent des discriminations, un rejet familial ou une homophobie intériorisée. Le chemsex peut alors devenir une recherche d’appartenance et de soulagement émotionnel.

2/ Normalisation dans certains milieux : dans certains contextes festifs ou via les applications de rencontres, la pratique du chemsex peut être perçue comme un mode de socialisation.

3/ Quête identitaire et corporelle : certaines personnes utilisent le chemsex pour explorer leur sexualité ou pallier une image de soi fragilisée.

Ainsi, ce phénomène ne reflète pas un « problème communautaire » mais bien une interaction complexe entre société, identité et vulnérabilité psychique.

Addiction au sexe et chemsex : un cercle de renforcement

L’association entre sexualité compulsive et usage de drogues repose sur un renforcement mutuel :

  • Les substances amplifient les sensations, réduisent les inhibitions et peuvent donner l’illusion d’une performance sexuelle accrue.
  • En retour, la sexualité intense devient un stimulus puissant pour la recherche de drogue, formant une boucle addictive.
  • Ce mécanisme s’appuie sur la voie dopaminergique de la récompense (Koob & Volkow, 2016), rendant la désintoxication d’autant plus difficile.

Psychiquement, ces pratiques peuvent être associées à des traumatismes anciens, à la honte ou à des difficultés de régulation émotionnelle. La sexualité sous drogue devient alors une tentative de contrôle paradoxal d’un vécu intérieur douloureux.

Conséquences physiques, psychiques et sociales

Sur le plan physique : les IST (VIH, hépatite C, syphilis), déshydratation, troubles cardiaques, overdose, altération cognitives.

Au niveau psychique : l’anxiété, la dépression, l’isolement, les troubles du sommeil ainsi que la perte de repère identitaire.

Enfin, sur le plan social : rupture des liens affectifs, perte de travail, honte et isolement communautaire.

Le sentiment de vide post-session, souvent rapporté par les personnes concernées, illustre bien cette ambivalence entre excitation et effondrement.

Santé mentale : prise en charge et accompagnement psychologique

Un accompagnement efficace du chemsex nécessite une approche intégrée :

1/ Travail sur les motivations : explorer le sens de ces pratiques, les besoins sous-jacents (reconnaissance, valorisation, lien).

2/ Soutien addictologique : repérage des usages à risque, orientation vers des dispositifs spécialisés (CSAPA, associations type AIDES, Chemsex Support)

3/ Thérapie individuelle ou de groupe : aborder la honte, les trauamas sexuels ou non, la gestion de l’impulsivité et la relation au corps.

4/ Réduction des risques : information, dépistages réguliers, usage de matériel stérile, soutien entre pairs.

    Le psychologue joue ici un rôle clé pour réintroduire la dimension symbolique du désir, là où le corps et la drogue avaient pris toute la place.

    En bref

    Le chemsex et l’addiction au sexe interrogent notre rapport contemporain au plaisir, au corps et à l’intimité. Derrière la recherche d’intensité se cache souvent un besoin de reconnaissance, de lien ou d’échappatoire. Comprendre ces pratiques sans jugement, en leur restituant leur dimension psychique, est essentiel pour accompagner celles et ceux qui en souffrent.

    Références théoriques et cliniques

    • Bourne, A., Reid, D., Hickson, F., Torres-Rueda, S., Steinberg, P., & Weatherburn, P. (2015). “Chemsex” and harm reduction need among gay men in South London. International Journal of Drug Policy, 26(12), 1171–1176.
    • Koob, G. F., & Volkow, N. D. (2016). Neurobiology of addiction: a neurocircuitry analysis. The Lancet Psychiatry, 3(8), 760–773.
    • Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. American Psychologist, 55(1), 68–78.
    • OFDT (2024). Chemsex : retour sur 15 ans d’usages de drogues en contexte sexuel en France.
    • Volkow, N. D., & Koob, G. F. (2015). Brain disease model of addiction: why is it so controversial? The Lancet Psychiatry, 2(8), 677–679.