Pourquoi j’ai besoin de consommer pour me sentir mieux ?

Quand je vais mal, je ressens souvent un besoin de consommer.
Boire un verre, fumer, manger, scroller, travailler, faire du sport, regarder une série, acheter quelque chose. Peu importe la forme : consommer m’aide à tenir.

Sur le moment, ça soulage. Ça calme. Ça coupe. Mais une question finit par apparaître :
pourquoi est-ce que j’ai besoin de consommer pour aller mieux ?

Besoin de consommer : est-ce déjà une addiction ?

Avoir un besoin de consommer ne signifie pas automatiquement être addict.
Très souvent, cela indique autre chose : je cherche à m’apaiser.

Quand l’angoisse monte, quand le vide s’installe ou quand la tension devient trop forte, consommer devient une réponse rapide et accessible. Je n’ai pas forcément d’autre moyen, à ce moment-là, pour faire redescendre ce qui déborde.

Le besoin de consommer parle d’abord d’un besoin d’apaisement, pas d’un manque de volonté.

Pourquoi consommer m’aide à aller mieux sur le moment

Quand je consomme, quelque chose change immédiatement.
Mon corps se détend, mes pensées ralentissent, l’inconfort diminue.

Consommer me permet de :

  • calmer l’angoisse
  • faire taire les ruminations
  • remplir un vide
  • couper avec ce que je ressens
  • retrouver une sensation de contrôle

Ce soulagement n’est pas imaginaire.
Il fonctionne réellement, surtout au début.

Pourquoi le besoin de consommer revient sans cesse

Progressivement, je fais le lien : quand ça ne va pas → je consomme.

Sans m’en rendre compte, j’automatise cette réponse.
Je n’attends plus d’être au bout : j’anticipe.
Je pense à la consommation avant même que le malaise soit là.

Le besoin de consommer devient alors un réflexe psychique.
Il ne répond plus seulement à un mal-être ponctuel, mais à la peur de ce mal-être.

Quand consommer pour aller mieux commence à enfermer

Le problème n’apparaît pas brutalement.
Il s’installe quand je remarque que :

  • je n’arrive plus à m’apaiser autrement
  • le soulagement dure moins longtemps
  • j’augmente la fréquence ou l’intensité
  • j’y pense de plus en plus souvent

Ce qui m’aidait à aller mieux devient aussi ce qui réduit mes autres possibilités.
Je consomme pour éviter de ressentir mais je me retrouve dépendante de cette solution.

Pourquoi arrêter de consommer n’est pas si simple

On entend souvent : « il suffit d’arrêter ».
Mais arrêter signifie perdre une stratégie qui m’a permis de tenir.

Si je supprime la consommation sans alternative, je me retrouve face à :

  • l’angoisse brute
  • le vide
  • la solitude
  • la fatigue psychique

Arrêter de consommer, ce n’est pas seulement renoncer à un produit ou à une habitude.
C’est renoncer à un mode de régulation qui fonctionnait.

Besoin de consommer et culpabilité

Beaucoup de personnes se jugent durement :
je devrais y arriver seule, je suis faible, je manque de contrôle.

Pourtant, le besoin de consommer ne dit pas que je suis incapable.
Il dit que je n’ai pas encore trouvé d’autre manière de faire face.

La consommation n’est pas le problème de départ.
Elle est une solution trouvée à un moment donné.

Ce que permet le travail thérapeutique autour du besoin de consommer

En thérapie, je ne cherche pas d’abord à supprimer la consommation.
Je cherche à comprendre ce qu’elle apaise.

Je travaille :

  • ce qui me met en difficulté
  • ce que la consommation vient calmer
  • ce que j’évite de ressentir
  • ce que je n’arrive pas encore à réguler autrement

Peu à peu, d’autres appuis deviennent possibles.
Le besoin de consommer perd alors son caractère indispensable.

En bref : le besoin de consommer n’est pas une faiblesse

Si j’ai besoin de consommer pour aller mieux, ce n’est ni un échec ni une faute.
C’est le signe que j’ai trouvé, à un moment donné, une manière de survivre psychiquement.

Comprendre cette logique permet de transformer une solution qui enferme
en d’autres façons de s’apaiser, plus libres et plus durables.

Cet article s’inscrit dans la catégorie Addictions – solutions qui soulagent mais qui enferment, et explore le besoin de consommer comme tentative d’apaisement face au mal-être.

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