Dans certaines relations, il arrive de s’oublier dans ses relations sans s’en rendre compte.
Peu à peu, les besoins de l’autre prennent le dessus, les priorités se déplacent, et ce qui comptait pour soi passe au second plan.
S’adapter, comprendre et faire des concessions…
Et un jour, une question surgit : « Où est-ce que je suis passée dans cette relation ? »
S’oublier dans ses relations : de quoi parle-t-on vraiment ?
En effet, cela ne signifie pas aimer trop, ni être généreux(se) ou attentionné(e).
Cliniquement, il s’agit plutôt d’une difficulté à maintenir une continuité de soi dans le lien à l’autre.
Ainsi, la relation devient alors un espace où :
- ses propres besoins passent au second plan
- les limites deviennent floues
- l’autre prend une place centrale, parfois excessive
Le lien prime sur le sujet.
Pourquoi s’oublie-t-on dans ses relations ?
🔹 Le lien comme condition de sécurité
Pour certaines personnes, le lien n’est pas seulement important : il est sécurisant.
Il permet de se sentir exister, reconnu(e), apaisé(e).
Dans ce contexte, préserver la relation devient prioritaire, parfois au détriment de soi. Mieux vaut s’adapter que risquer la perte du lien.
🔹 Quand l’adaptation devient une stratégie ancienne
S’oublier dans la relation n’est souvent pas un choix conscient.
C’est une stratégie relationnelle ancienne, parfois apprise très tôt.
Lorsque l’enfant a dû :
- s’ajuster à l’autre
- deviner les attentes
- faire passer ses besoins au second plan
il apprend que le lien se mérite.
À l’âge adulte, cette logique persiste : on s’efface pour ne pas être abandonné(e).

S’oublier dans ses relations pour ne pas être quitté(e)
Derrière l’effacement de soi se cache fréquemment une peur de l’abandon.
Dire non, poser une limite, exprimer un désaccord peut être vécu comme dangereux.
Alors on préfère :
- éviter le conflit
- minimiser ses besoins
- taire ce qui dérange
Le prix à payer est souvent une frustration silencieuse, voire un mal-être diffus.
Les signes fréquents de l’oubli de soi en relation
S’oublier dans une relation peut se manifester par :
- une difficulté à dire non
- une peur excessive de décevoir
- un ajustement constant à l’autre
- une culpabilité lorsqu’on pense à soi
- un sentiment de vide ou de confusion identitaire
- l’impression de ne plus savoir ce que l’on veut
Plus la relation avance, plus le sujet s’efface.
S’oublier n’est pas aimer
Il est fréquent de confondre amour et sacrifice.
Pourtant, l’amour n’implique pas l’effacement de soi.
Lorsque la relation repose sur l’oubli de soi, elle devient déséquilibrée.
L’un existe pleinement, l’autre se réduit.
Ce déséquilibre n’est pas toujours visible au départ, mais il finit souvent par générer :
- fatigue émotionnelle
- ressentiment
- perte d’estime de soi
Le lien avec la dépendance affective et l’attachement
S’oublier dans la relation est souvent lié :
- à une dépendance affective, lorsque l’autre devient indispensable
- à un attachement anxieux, lorsque le lien est vécu comme fragile
Dans ces configurations, l’effacement de soi permet de maintenir une illusion de sécurité relationnelle.
S’oublier dans ses relations : ce que permet le travail thérapeutique
Le travail thérapeutique ne vise pas à apprendre à “penser à soi égoïstement”, mais à :
- comprendre l’histoire de ses liens
- identifier les stratégies relationnelles mises en place
- différencier amour, peur et besoin
- restaurer une capacité à exister dans la relation
Progressivement, il devient possible de se relier sans se perdre.
En bref
S’oublier dans une relation n’est pas un manque de maturité ni un défaut de caractère.
C’est souvent le signe d’une tentative de préserver le lien à tout prix, au détriment de soi.
Retrouver une place subjective dans la relation est un chemin possible, à condition de comprendre ce qui se rejoue dans le lien.
Cet article s’inscrit dans la catégorie Difficultés relationnelles, dédiée aux souffrances liées au lien à l’autre, à l’attachement et à la place de soi dans la relation.